/Découvrir Eugène Duthoit

Eugène Duthoit avec des camarades de classe. Photographie sépia. Cliché anonyme. Non daté. Eugène Duthoit est situé au premier plan, à gauche. (Archives diocésaines de Lille – fonds Jules Lamoot, 4Z2.)

Eugène Duthoit avec trois amis. Photographie sépia de Faure. Non daté. Eugène Duthoit est situé à gauche. Ses amis sont de gauche à droite : Paul Le Gouvrian, Charles Droulers et Fernand Payen. (Archives diocésaines de Lille – fonds Jules Lamoot, 4Z2.)

Mariage d’Eugène Duthoit avec Laure Wattinne. Extrait du registre des mariages de Roubaix. 1895. (Archives départementales du Nord – registre des mariages de Roubaix, 1 Mi EC 512 R 085.)

Eugène Duthoit avec ses étudiants de la Faculté libre de Droit, dans sa propriété, 141 rue Jacquemars Giélée à Lille. Photographie noir et blanc (22,7 x 17 cm). Cliché anonyme. Non daté. L’ecclésiastique représenté sur la photographie n’a pas pu être identifié. (Service du Patrimoine et des Archives de l’ICL – fonds ancien de l’Université, KH4.)

Eugène Duthoit avec sa femme, Laure et son fils, Jean. Carte postale d’après un cliché d’O.P.F. Photo Lux (13,7 x 9 cm). Non daté. (Service du Patrimoine et des Archives de l’ICL – fonds Eugène Duthoit, 2S96.)

Cantine militaire de la Grande Guerre contenant des archives privées d’E. Duthoit. En 1985, une petite nièce de la femme d’Eugène Duthoit a fait don au Service central des archives d’un complément du fonds d’archives privées d’Eugène Duthoit. Elles ont été amenées dans cette cantine militaire datant de la Première Guerre mondiale et à l’intérieur de laquelle figure une inscription : « 8ème régime d’infanterie ». (Service du Patrimoine et des Archives de l’ICL – fonds Eugène Duthoit, 2S96.)

Médaille de Chevalier de la Légion d’honneur sous la IIIe République. Photographie couleur. Cliché anonyme. Non daté. Source web: http://www.delcampe.net

Eugène Duthoit cause des Semaines sociales de France à Radio PTT Nord, une station radio d’Etat. Retranscription dactylographiée. 1937. (Archives municipales de Lyon – fonds Chronique sociale, 131 ii 70.)

Décès d’Eugène Duthoit. Article du Journal de Roubaix du 23 mai 1944. (Archives diocésaines de Lille – fonds Eugène Duthoit, 4Z3.)

LAMOOT (Jules), Eugène Duthoit, président des Semaines sociales de France, doyen de la Faculté libre de Droit de Lille, Editions Spes, Paris, 1955. (Bibliothèque de l’Université Catholique de Lille - fonds ancien, 10A125.)

  • 1869

Eugène Duthoit est né le 16 juin 1869 à Roubaix d’un père nommé également Eugène, négociant en tissus très apprécié sur la place industrielle de Roubaix et d’une mère prénommée Rose-Anne. Son enfance a été marquée par des événements douloureux. Bercé au milieu de la guerre franco-prussienne, il perd sa mère à l’âge de deux ans alors qu’elle attendait un second enfant. Son père confie alors son éducation à ses grands-parents maternels. Enfant obéissant, il fut choyé par sa grand-mère qui l’entoura d’une immense affection.

 

A 9 ans, il entre au collège Notre-Dame-des-Victoires à Roubaix où il a pour professeurs les abbés, Louis Dillies et Paul Six. Elève docile, c’est un bourreau de travail. En classe de seconde, il est admis au sein de l’Académie, petite société littéraire formée entre les élèves des classes supérieures. Académicien, poète, conférencier de Saint-Vincent-de-Paul, orateur en herbe, Eugène Duthoit est à l’avant-garde des mouvements de charité du collège. A 17 ans, il est bachelier et lauréat du premier prix.

 

  • 1892

Il décide de s’inscrire à la Faculté de Droit de l’Université catholique de Lille. Ses maîtres, Vareilles-Sommières, doyen de la faculté et Groussau le considèrent comme  « l’idéal de l’étudiant catholique ». Après sa première année de licence, il interrompt, pendant un an, ses études pour son service militaire à Saint-Omer où il consacre ses loisirs à étudier les œuvres de l’historien et essayiste catholique français Ozanam. Il en sort plus mûri d’âme et d’esprit, plus désireux d’aller jusqu’au bout des exigences de l’Evangile. Sa deuxième et troisième année de droit sont éclatantes. Major de promotion, il est le plus brillant lauréat de licence en droit. Devenu docteur en droit en 1892, à l’âge de 23 ans, il pose de suite sa candidature pour une chaire à l’Université Catholique de Lille.

 

  • 1895

Le 3 août 1895, Eugène Duthoit se marie avec Laure Wattinne, orpheline de mère depuis l’âge de huit ans. La famille de cette dernière jouit d’une égale considération dans la société bourgeoise de Roubaix et dans le monde des affaires.

 

C’est Monseigneur Baunard, Recteur des Facultés catholiques de Lille, qui béni le mariage.

 

  • 1896

En janvier, Eugène Duthoit adhère à l’Union catholique. Il soutient la même année la campagne du grand industriel, Edouard Roussel.

 

  • 1898

Après avoir contribué au succès politique de son cousin germain, Eugène Motte à Roubaix, lui-même accepte de poser sa candidature. Il est élu conseiller du canton de Roubaix-Ouest. En 1904, il est réélu conseiller d’arrondissement.

 

  • 1906

L’année 1906 est marquée par un heureux évènement, la naissance d’un fils tant attendu, prénommé Jean. Il sera l’unique enfant d’Eugène et de Laure Duthoit.  Il a pour parrain un ami proche de la famille, Henri Lorin, premier président des Semaines sociales de France. Jean Duthoit choisit de rentrer dans les ordres. Ordonné prêtre en juin 1930, il est tout d’abord incardiné au diocèse de Lille avant d’entrer, en mars 1932, chez les Fils de la Charité. Il meurt accidentellement le 30 août 1955 en se portant au secours d’un jeune en difficulté lors d’une baignade.

 

  • 1914

En 1914, lors de la mobilisation, il est affecté comme capitaine à la 3ème compagnie du 7ème régiment d’infanterie territoriale. Il y restera jusqu’en 1917.

Il se révèle comme un homme de foi, un penseur chrétien, un apôtre. Dans la tranchée, il organise des loisirs pour combattre l’oisiveté. Il entretient aussi une correspondance quotidienne avec sa femme et son fils faites de prières et de recommandations.

 

  • 1917

En 1917, il reçoit la Légion d’honneur en reconnaissance de ses faits de guerre. Par la suite, il est affecté à une mission spéciale et devient ambassadeur moral au Canada et aux Etats-Unis, dans le but de stimuler l’opinion réticente à l’entrée en guerre de l’Amérique. Au Canada, Eugène Duthoit fait une tournée de conférences sur les questions sociales qui remportent un vif succès.

 

  • 1919

Après la mort d’Henri Lorin, survenue en 1914, c’est vers Eugène Duthoit que la Commission générale des Semaines sociales de France se tourne pour lui succéder. Il apparait comme le plus qualifié et le plus fidèle héritier de sa pensée.

Après cinq ans d’interruption due à la guerre, les Semaines sociales se réunissent, à nouveau, en 1919. Le choix se porte sur la ville de Metz. Eugène Duthoit y ouvre la session annuelle par une leçon inaugurale. Sous sa présidence, il donnera aux Semaines sociales une allure familiale. Durant toute la durée de son mandat, Eugène Duthoit restera fidèle à la pensée de l’Eglise et à celle du travail scientifique.

 

  • 1925-1937

Pour élargir l’audience des Semaines sociales, Eugène Duthoit donne de nombreuses causeries à Radio PTT Nord ainsi qu’à d’autres stations de radio. Il perçoit immédiatement le formidable impact de ce nouveau moyen de communication.

 

  • 1944

Eugène Duthoit s’éteint le 21 mai 1944, après une courte maladie,  dans une France alors en pleine tourmente. Il n’aura pas l’occasion de voir se réunir, à nouveau, les Semaines sociales arrêtées par la guerre. Il laisse le souvenir d’un apôtre « laïc » infatigable, entièrement donné aux causes qu’il défendait.

 

Jules Lamoot, ordonné prêtre en 1919, est chargé de cours de déontologie en Faculté libre de Droit. Il assure l’intérim des cours d’économie politique d’Eugène Duthoit entre 1944 et 1945. En 1952, il est nommé par le Saint-Siège comme assistant ecclésiastique de l’Université mondiale des organisations féminines catholiques. Dans cet ouvrage, il relate la vie en toute intimité d’Eugène Duthoit. Les lecteurs y découvrent un doyen dévoué et un président qui a su donner aux universités itinérantes toute leur place entre deux guerres.

 

 

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